GR NC 1 – La Forêt Vierge (la Plaie Feuillue)

20 septembre 2017

15 BORNES !

Aujourd’hui : 15 kilomètres. Ce ne sont que 15 Km mais qui poursuivent les 32 du jours précédents. 15 dans une forêt vierge. Peuplée de racines, de caillasse, au chemin facile à suivre mais pénible à emprunter selon les dires de mon colloc’ de refuge, avec qui j’ai échangé quelques phrases hier soir.

À nouveau, le temps semble clément. Comme toujours depuis mon départ, je n’ai pas à souffrir de la pluie, excepté les nuits, durant lesquelles je dors. Ce qui a du bon tout compte fait, refroidissant les lieux.

Le chemin grimpe tranquillement, jalonnant les montagnes de la chaîne. Quelques grimpettes permettent de se mettre en jambe et de voir si, aujourd’hui encore, je suis d’attaque pour une journée physique.
Car en effet, il s’agit là de 15 Km de grimpette, quasi pure. Plus 1000 m de dénivelé positif sont d’actualité.

ACCÈS À LA FORÊT VIERGE

La fraicheur me permet de partir du bon pied. Il fait malgré tout très humide lorsque la végétation est trop dense. Il n’y a que peu de lumière qui traverse, malgré un grand soleil au dehors. Cela est dû à la forêt.. vierge, qui ne l’est pas tant que ca, puisque le sentier est bien battu.

Par contre, la nature a l’air d’assurer son habitat. Si elle autoriste une unique (?) entrée en son sein, elle semble n’être que peu frequentée en dehors du chemin indiqué. Peu fréquentée, par les hommes, j’entends bien. Elle n’est point épaisse ; elle n’a pas grand difficulté, même si fournie, caillouteuse sur ces flancs de montagnes, eux-même, présent partout.
Excepté quelques traversée du jour, du début à la fin, le sentier sera ainsi, sans surprise. Sans grande passion, sans grand interêt.
Differente des autres étapes, celle-ci ne propose plus de terre rouge. Non plus de changement de paysage, de faune. Inéxorablement un sentier parmis des arbres, où il faut slalomé entre rochers, racines, s’aidant des frêles arbres jonchant la route.

Cette route croise à quelques reprise la Rivière Bleue. Quelques fois sous forme de cascade. Mais ce terme n’est plus trop d’actualité. En effet, la Nouvelle Calédonie, dans son ensemble, souffre maintenant de 4 mois de sécheresse. Pénible! à nouveau !
J’en profite alors pour piquer une tête : ca rafraichie, ca nettoie.

Comme présenti la veille, je me farcis une chiasse de tous les diables. Finalement, leurs eaux ne sont pas si potables :) Mais il faut toujours voir les bons côtés, cela me permet de faire des haltes régulières, marquant mon territoire : finaud l’animal !
Cette saloperie m’aura travaillée sur l’ensemle de mon voyage en Nouvelle Caledonie. Surtout les 2 dernières semaines. Pensant d’abord que cela venait d’une culture probablement bactériologique au sein de mon CamelBak, maintenant que je vais mieux en Nouvelle-Zélande, je me demande toujours si c’était vraiment le cas.

DES DIFFICULTÉS DU PARCOURS

Le parcours s’amuse parfois à proposer d’intenses montées. Elles cassent un peu le souffle avec la cargaison que je me trimbale. Mes épaules, mes hanches, qui ont déjà bien souffert les jours précédant, subissent. Mais ca tient bien. Une nouvelle répartition du poids (eau en hauteur : allez comprendre), inovée au fur et à mesure du voyage, me permet de ne plus avoir de micro-hémoragies internes au niveau des hanches. Ca se stabilise..

L’eau reste toujours le point noir de ce genre d’expérience. Plus on grimpe, plus elle se fait rare. Je fais confiance parfois au flyers proposés par l’O.T. tout en étant conscient de leur ignorance (parfois), de leur incompétence (constatée !), des mois sans pluie, même s’il semble que la forêt soit toujours arrosée de nuit.
Et en effet, cela est une vraie plaie. Même si je me charge toujours comme une mule à chaque ravito’ possible (3 Litres max à chaque coup), j’avoue que je subis. Sur la fin du parcours.

DE LA COMPLEXITÉ AU TRANSCENDÉ

GR NC 1 - Brume du SommetFinalement, les ténèbres commencent à venir. Il n’est que 4h de l’aprèm’ mais je pense que je suis dès à présent uniquement exposé sur la face Est. J’apprendrai alors que le sombre du ciel vient de nuages traineurs, chargés d’eau, brumeux.

Depuis que j’ai croisé le premier refuge, la montée n’est plus progressive. Elle fait mal.
Sur l’ensemble du parcours, elle se divise en 3 importants morceaux. La premiere côte est abordable, malgré un début violent. La seconde me voit déjà faire face à un switch mental, par soucis d’eau. Je me concentre, me focus sur l’objectif et sais qu’après une nouvelle pente pénible, j’aurai à nouveau accès à de l’eau bien fraiche.

Je mets parfois de la musique sur le parcours. Moins seul, moins épuisant. Il n’y a personne.. à déranger par conséquent. Ce n’est pas dans mes habitudes, surtout sans écouteurs.
Il me faudra être à sec en eau, avoir 5 km de forte grimpée pour m’y concentrer. D’ailleurs, je n’ai plus eau, l’énergie est grandement consommée, le ras le bol du répétitif installé en début de matinée est très présent.

J’avais pris l’habitude de faire régulièrement des pauses en arpentant la fin de la seconde montée. Mon esprit est dorénavant ultra concentré. Il n’a plus besoin ni d’eau, ni de pause.
Le mal n’est plus là, il fait parti de moi. Il est moi. Il disparait ou bien fait entière partie de la difficulté de grimper. Je vais plus vite, et plus je vais vite plus le pourcentage s’intensifie. Il me faut dorenavant aussi m’accrocher aux arbres, aux rochers. Et sur la fin, la pente est telle que je n’ai plus le choix. Je transpire à grosse goute mais rien ne me touche, je souris, j’apprécie, je me delice de cette difficulté.
En effet, je n’ai definitivement plus mal, je profite juste, je subis sans doute mais prends un plaisir à braver cette difficulté. Je souris, vous dis-je.

ARRIVÉ À BON PORT

Enfin, ce fût particulièrement long, même si par ma motivation, il me semble réussir à réduire la durée. Tout cela, la douleur, la période, semble appartenir à une autre dimension, un autre espace temps : celle qui me voit spectateur de mon propre corps. Finalement, j’atteinds le sommet, que trop rapidement. J’en aurai voulu plus, tiens.

Un symbole des participants à l’entretien de ce chemin de tramp me permet de relativiser mon effort. Je reviens sur terre.. redescends la petite cote dans le froid, à la recherche du refuge.
La carte a partiellement raison. Même s’il me faut monter (encore) un pitit peu, le lieu est bien plus loin qu’indiqué.

Depuis que j’ai atteinds l’ultra-sommet (sans avoir pu profité d’aucun point de vu, bien evidement), mon corps se relache, mon esprit aussi. J’en ai fini, c’est bientôt la fin, de la journée, du periple, même si demain sera fortement charger en descentes, raides. J’atteinds le refuge, je pose le sac, le cerveau disparait aussi, un peu. Se concentrer sur les rudiments. Il faut se secher, se rechauffer, manger, et prépare les plumes.
Fissa : la nuit tombe, le lieu est un passe-nuages et lézarder ne serait que pénalisant pour les instants à venir et la nuit de sommeil que je l’espère, sera réparatrice.

Ce fût honnêtement facile, aucune difficulté notable, sans mise en danger, jamais dans le dur. À demain, dodo !

 

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